Enfance 

Alors que j’avais quelques amis. Pour jouer comme tous les enfants, j’avais aussi des cousines. Qui venait nous rendre visite. Où que nous allions visiter ? Mais un jour, mes parents ont décidé de déménager plus près du centre-ville. Et là, c’était le départ pour une nouvelle vie sociale pour la petite que j’étais. Nous déménagions dans une très belle et très grande maison comparée à la précédente. J’avais maintenant ma chambre au 2e étage et j’étais agréablement surprise de cette belle amélioration dans ma vie. 

À proximité de mon nouveau domicile demeurais une copine d’école. C’était une jeune fille avec qui je m’entendais très bien et d’ailleurs les années ont prouvées sa générosité de cœur. Elle avait 2 sœurs cadette et 4 frères, dont 2 n’étaient pas encore nés à cette période. Donc une famille de 7 enfants, alors que moi je n’avais que 2 frères, le plus vieux travaillais déjà, il était donc moins présent à la maison. Dans toute cette transition, j’y voyais un nouveau départ, un nouvel environnement, une nouvelle chambre, une nouvelle vie pour moi, incomparable avec l’ancienne. Mais avant de poursuivre, revenons un peu en arrière.  

Dans ces dernières années, je fréquentais l’école primaire au nom prédestiné de écoles ange gardien. Mes souvenirs de cette école sont plutôt vagues, sauf pour des choses très précises. En l’occurrence, l’obligation d’apprendre par cœur le petit catéchiste. Eh oui, on vient de loin, notre génération de baby-boomers. Souvenez-vous, sous peine de copier 100 fois plutôt qu’une. Il fallait savoir sur le bout des doigts les questions et réponses de son contenu pour être une bonne catholique. ! On nous apprenait que Dieu était miséricordieux, mais qu’il envoyait aux enfers. Tous les revendicateurs et j’en étais. On nous disait aussi qu’il était ‘Amour’ ! Quelle contradiction me direz-vous, et vous auriez raison. C’est quand même l’éducation que nous avons eue et que nous avons reçue.  

C’est quand même incroyable quand on y pense et ce n’est pas si loin de nous. Le même enseignement aujourd’hui se mériterait un procès pour atteinte à la liberté. Eh oui. Nous avons vécu tout ça et plus encore. Il était aussi proscrit de se poser des questions au sujet de nos prêtres, nos supposés ‘’Gardiens de conscience’’.  

À savoir si leurs enseignements étaient véritables ou non, c’était impossible pour nos jeunes cerveaux. Constamment menacés et toujours soupçonnés de devenir ‘’Sujet à Excommunication’’. Même que les mères de famille se devaient d’être enceintes à chaque année, c’était l’obligation du curé de la paroisse. Pouvez-vous imaginer l’emprise que la religion avait sur les gens de cette époque. ? Et après que la grossesse

était commencée, c’était très mal vu et même de se montrer à l’Église. Je n’ai jamais compris la logique de la religion à cette époque. La seule conviction que j’ai toujours eue, c’est qu’avant de devenir prêtre, ces hommes étaient des hommes et ils le sont restés. Aujourd’hui, en 2010(C’est la période où j’ai écrit ces lignes pour la première fois). Nous avons eu toutes les démonstrations et divulgations, sans parler de ceux qui se sont révélées depuis ce temps, à l’heure où je tape ces lignes, nous sommes au mois de juillet 2026, pour cause de révision.  

L’inconscience et l’innocence de mon enfance se sont méritées maintes boutades et condamnations lorsque j’amenais ce sujet de conversation. Je prenais des risques non calculés et ma mère un jour m’a averti du danger m’appelant à la prudence. C’était incroyable la peur qui habitait les gens. Imaginez la vitesse de croisière de mon mental. J’avais 100 fois plus de questions que de réponses, mais je n’étais pas la seule dans cette situation. 

Je me souviens entre autres d’une professeur laïque et célibataire qui était très gentille. Mais elle était aussi un beau travail. J’en ai gardé un excellent souvenir. J’ai dû m’accrocher quelque part parce que j’ai ‘’doublé’’ ma 4e année expression consacrée ! Cette décision avait été prise pour mon plus grand bien naturellement, alors je me suis retrouvée avec un nouveau groupe, d’écolières. Certaines d’entre elles étaient vraiment sympathiques, tandis que d’autres étaient tout simplement incompatibles avec mon tempérament plutôt récalcitrant. 

Il faut dire que je savais pertinemment ce que je voulais. Je croyais aussi savoir où je m’en allais, vous savez ? Une certitude intérieure qui est là, juste là. ! De toute façon. C’est cette détermination qui a toujours été présente tout au long de ma vie. Elle est devenue mon carburant. Inutile de vous demander si j’ai des regrets, parce que n’en ai aucun. J’ai fait ce que j’avais à faire avec les moyens à ma disposition et mon désir profond d’améliorer ma situation. 

Si j’avais l’opportunité de changer les choses de mon passé, il y en a quelques-unes qui y perdraient au passage, c’est indiscutable. Les nouvelles connaissances allaient bon train, les études aussi. Je me questionnais déjà sur mon avenir et me demandais ce que j’aimerais faire dans la vie. Le premier choix étant professeur, je me disais que j’allais leur montrer à tout ce que j’avais bien appris les leçons. Je me sentais l’âme enseignante. Professeur, mais encore ? ! Je n’en avais aucune idée.  

Bien que j’adorais les mathématiques, je n’étais pas convaincu de vouloir les enseigner. Mon 2e choix était de devenir psychologue sans compte les études à longs terme. C’était tellement important pour moi de comprendre les choses de la vie. Eh oui, je l’avoue, j’enviais les Psys. 

Mon plus grand désir, en fait, était de m’impliquer au niveau social en apportant mon humble contribution afin de changer les choses de façon permanente. Reconnaissez-vous l’esprit revendicateur qui m’habitait. La dernière option était la cuisine. Oui. J’avais un intérêt marqué pour cuisiner. Mais d’où cela venait-il ? 

Aucun rapport avec la psychologie vous me direz. Je n’en avais aucune idée, mais c’était bien présent. J’y étais très à l’aise. Pour moi, cuisiner était d’une banalité enfantine. Ma mère adoptive détestait cuisiner, alors j’ai pris le tablier très tôt dans ma vie. Mais comment aider à changer une société qui m’apparaissait atteinte d’un malaise chronique ? En cuisinant ? J’allais d’abord terminer mon primaire, et puis on verra pour la suite. Pendant que le déménagement se déroulait en parallèle avec celui de l’école, je me posais mille questions. 

Ça faisait beaucoup dans ma petite tête.  Un matin, alors que je me dirigeais vers le couvent afin de vivre ma vie d’écolière, une idée saugrenue me traversa l’esprit. Malgré qu’il y eût tout un défi qui m’attendait. En plus de me propulser dans le monde des adultes très tôt. Ce qui m’amenait dans les grandes ligues, c’est a dire, le monde des adultes !  

………….A SUIVRE…